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ANNE
CHARLOTTE PONCET

TEST ADN EN FRANCE
Les
éleveurs intéressés peuvent contacter, aux laboratoires
ANTAGENE, Monsieur Laurent
Houssais (chargé de développement) par email : lhoussais@antagene.com en indiquant leurs
coordonnées, la race et le nombre de chats à tester. N’hésitez
pas à le faire le plus rapidement possible.
TEST ADN EN
BELGIQUE
Les
éleveurs intéressés peuvent contacter, aux
Laboratoires PROGENUS, Monsieur Damien Magnee (Marketing
Manager) par e-mail : magnee.d@progenus.be
en indiquant leurs
coordonnées, la race et le nombre de chats à tester. N’hésitez
pas à le faire le plus rapidement possible.
PKD
par Corinne Cherbonnel
La polykystose rénale
(appelée couramment PKD pour polycystic kidney disease) est
une maladie génétique fréquente chez différentes races de
chat, notamment le Persan et les races apparentées. La fréquence
de l’anomalie génétique a été estimée pour quatre races
: Persan (26%), Exotic Shorthair (37%), British Shorthair
(12%), Maine Coon (1%), mais reste encore inconnue pour les
autres races de chats.
Cette affection se
traduit par le développement progressif de kystes dans les
reins, par la destruction du tissu rénal, par une
insuffisance rénale pouvant provoquer la mort prématurée de
l’animal. Le dysfonctionnement rénal apparaît entre 2 et
10 ans en fonction du rythme de croissance des kystes rénaux.
La polykystose rénale est une maladie monogénique qui se
transmet selon un mode autosomal dominant. C'est-à-dire
qu’elle n’implique un seul gène, qu’elle n’est pas liée
au sexe (comme le daltonisme chez l’homme) et que la présence
d’un seul exemplaire du gène défectueux suffit à
provoquer la maladie.
Avant
l’existence d’un test génétique, La PKD était en général
diagnostiquée par ultrason qui permet une identification de
la maladie à un stade relativement précoce. Cette méthode
visualise par imagerie la présence de kystes sur les reins.
Cette technique est efficace à condition d’être réalisée
par du personnel expérimenté et avec un matériel adapté.
L’équipe du Dr
Leslie LYONS de l’université de Californie à Davis (non
loin de Sacramento dans le nord de la Californie) a identifié
le gène responsable puis la mutation provoquant le défaut génétique.
Un test ADN a été développé et validé dans le but de déterminer,
dès la naissance, si un chat est sain ou atteint de PKD à
partir d’un simple frottis buccal ou d’une prise de sang
(fiabilité supérieure à 99%).
Deux situations
sont alors possibles :
• le chat porte deux copies normales du gène : il est sain,
ne développe pas la maladie et ne transmet pas l’anomalie génétique
à sa descendance,
• le chat est dit « hétérozygote » c'est-à-dire qu’il
porte une copie normale et une copie défectueuse du gène
(mutation responsable de la maladie): il est atteint, développe
la maladie plus ou moins précocement et transmet l’anomalie
génétique à la moitié de sa descendance.
Le
dépistage précoce d’un chat atteint de PKD (avant qu’il
ne développe les signes cliniques) permet d’adapter son
alimentation et d’appliquer éventuellement certains
traitements préventifs afin de retarder et de limiter le développement
de l’insuffisance rénale. Le dépistage précoce permet également
de sélectionner les reproducteurs, d’adapter les
croisements afin d’éviter de produire des chatons atteints
dans la descendance et de propager la maladie dans l’élevage
ou la race.
Corinne
CHERBONNEL
Docteur en Génétique
Directrice Scientifique du Laboratoire GENINDEXE
Références
Bibliographiques :
Young AE, Biller DS, Herrgesell EJ, Roberts HR, Lyons
LA., Feline polycystic kidney disease is linked to the PKD1
region. Mamm Genome. 2005 Jan;16(1):59-65.
Lyons LA, Biller DS, Erdman CA, Lipinski MJ, Young AE,
Roe BA, Qin B, Grahn RA.,Feline polycystic kidney disease
mutation identified in PKD1. J Am Soc Nephrol. 2004
Oct;15(10):2548-55.
Eaton, K. A., Biller, D. S., DiBartola, S. P., Radin, M.
J., Wellman, M. L. Autosomal dominant polycystic kidney
disease in Persian and Persian-cross cats. Vet Pathol 1997 34:
117-126
P.K.D. 2 (Polycystic kidney
Disease)
Par le
Docteur Ingrid PUTCUYPS - Adaptation française : Sonia MARTIN
Qu'est-ce que la PKD ?
La PKD (Polycystic
Kidney Disease) est une maladie héréditaire du rein, dans
laquelle on trouve déjà des kystes souvent sur les 2 reins,
dès la naissance. Ces kystes sont des cavités remplies de
liquide qui provient du tissu rénal normal. Dans la plupart
des cas, ces cavités sont très petites (1 à 2 mm) chez les
chatons et au fur et à mesure que les animaux vieillissent,
elles vont grandir jusqu'à plus de 2 cm). Un seul rein peut
contenir de 20 à plus de 200 kystes. La PKD est également
une affection héréditaire très courante chez l'homme avec
plus de 5 millions de personnes atteintes dans le monde
entier.
Races qui présentent la PKD :
Jusqu'à présent,
le chat de race le plus atteint est le Persan. Etant donné
que cette race est régulièrement utilisée dans les
croisements, la PKD fait maintenant également son apparition
dans beaucoup d'autres races. Les races qui possèdent un
pourcentage de sang persan et qui courent donc un risque, sont
l'Exotic Shorthair, le Selkirk Rex, le British Poil Court, le
Scottish Fold, le Sacré de Birmanie, le Ragdoll, le Poil
Court Américain, le Rex Devon et le Maine Coon. On a également
déjà utilisé des Persans avec les Chats des Bois Norvégiens,
les Sphinx, les Orientaux Poil Court, les Rex Comish, les
Abyssins, les Somali, les Manx et les Burmeses.
Symptômes de la PKD :
Le fait que le chat soit malade ou non de la PKD dépend de la
taille et du nombre des kystes présents dans les 2 reins. Un
animal donnera des signes de défauts rénaux (insuffisance rénale)
quand les kystes prendront trop de place dans les reins, de
telle manière à ce que le tissu rénal normal soit pressé.
Au moment où il reste trop peu de tissu rénal normal, les
reins ne peuvent plus fonctionner normalement et le chat
deviendra malade.
Les premiers signes de maladie apparaissent généralement
entre 3 et 10 ans, mais parfois aussi à un âge beaucoup plus
jeune. Au début, les plaintes sont assez vagues. Un chat
boira et urinera plus, l'appétit diminuera un peu et la robe
aura un aspect terne. Si l'insuffisance rénale augmente,
l'animal mangera de moins en moins, il va maigrir et éventuellement
il commencera à vomir. Parfois, il y aura du sang dans
l'urine et l'animal aura une mauvaise haleine. Dès la présence
de défauts rénaux, il n 'y a plus de guérison possible. Grâce
à un traitement adapté, ces animaux peuvent encore vivre
relativement longtemps (voir plus loin). Il est important de
savoir que tous les chats atteints de PKD ne souffrent pas
d'insuffisance rénale. Les animaux avec peu et/ou de très
petits kystes ! Ils ne présenteront jamais des signes de PKD.
Traitement de la PKD :
Jusqu'à présent, il n'existe aucun moyen pour empêcher le développement
de la PKD, donc l'accroissement des kystes. Sur le plan préventif,
il n'y a donc rien à faire si ce n'est qu'éliminer les
animaux d'élevage PKD positifs. Il faut uniquement mettre un
traitement en route quand un chat développe des symptômes
d'insuffisance rénale.
Les animaux déshydratés et/ou ayant des nausées sont de préférence
quelques jours mis sous perfusion. Dès que le chat est
stable, le traitement le plus important est un régime spécial
pour les reins. Ce genre de régime contient un taux moins élevé
en protéines et peu de phosphore. Dans le cas des patients
plus avancés, le vétérinaire donnera des médicaments supplémentaires
comme des ralentisseurs de suc gastrique, des suppléments de
potassium et des antibiotiques si nécessaire. Les propriétaires
motivés peuvent eux-mêmes injecter du liquide sous la peau
de leur animal.
Diagnostic de la PKD :
L'échographie est
le moyen le plus simple pour diagnostiquer la PKD. A cet
effet, il n'est pas nécessaire d'endormir les animaux. On met
le chat sur son dos et on rase un carré à hauteur du nombril
par où on peut observer les 2 reins. Une autre méthode tend
à mettre les reins en image par le côté latéral par des
petits carrés rasés sur les 2 flancs.
La 1ère méthode est plus à conseiller pour les animaux
d'exposition car la zone rasée est moins visible. Certains
chats ont une robe tellement fine qu'ils peuvent éventuellement
être testés sans être rasés. Chez ces animaux, on mouille
d'abord les poils avec de l'alcool afin d'éliminer l'air
entre les poils. Cette méthode est très utilisée chez les
Persans, mais elle est a éviter chez les Exotics, les Maine
Coon, les British Poil Court et les Ragdolls. Il est important
de faire pratiquer cette échographie par un vétérinaire
habitué à faire ce genre d'examen et qui dispose des
appareils adéquats (7.5 - lO MHz Transducer). Pour contrôler
si le chat souffre d'insuffisance rénale, on pratique d'abord
une analyse de sang et éventuellement une analyse d'urine. On
ne peut voir des changements que si 2/3 du tissu rénal normal
est atteint. Dans le sang, on observe surtout les globules
rouges (éventuellement pas assez) et l'urée, la créatinine
et le phosphore. Ces 3 dernières matières vont augmenter si
le rein ne fonctionne plus normalement. Dans l'urine, on
regarde la concentration (trop basse pour des reins ne
fonctionnant pas bien) et s'il n'y a pas des signes
d'infections des voies urinaires ou une perte de protéines
par le rein.
Transmission de la PKD :
Un chat a 38
chromosomes, chaque fois groupé par 2, donc 19 paires. Il y a
2 chromosomes de chaque car l'un vient de la mère et l'autre
du père. Ces chromosomes contiennent des gènes. Un gène est
responsable de caractéristiques bien précises comme la
couleur des poils ou un rein normalement formé et il est donc
également 2 fois présent. A un certain moment, il peut y
avoir une erreur avec un gène, ce qui engendre une anomalie
dans le corps (par ex. formation de kystes dans les reins). On
parle alors d'une mutation. Cette mutation peut éventuellement
être transmise par les chatons. La PKD est transmise de manière
autosomal dominante.
«Autosomal» signifie que l'anomalie ne se situe pas au
niveau des chromosomes sexuels. Le sexe ne joue donc aucun rôle,
les mâles et les femelles peuvent être atteints de
l'affection. « Dominant » signifie que quand un chaton a hérité
du gène anormal d'un des 2 parents, il développera de toute
façon la maladie. Lors d'une affection transmise de manière
récessive, il faut que la mère et le père transmettent
l'anormalité afin que la maladie se manifeste.
La transmission de la maladie dépend également du fait que
les parents soient homozygotes, hétérozygotes ou ne
souffrent pas de PKD. Comme déjà dit plus haut, chaque gène
est toujours présent en double. Un gène vient du père et
l'autre vient de la mère. Pour la PKD, homozygote signifie
qu'un chaton reçoit 2 gènes anormaux, donc tant de la mère
que du père. On doute fort que ces chatons soient courants.
Ils meurent probablement avant la naissance ou tout juste après.
Hétérozygote signifie qu'un chaton reçoit un gène normal
et un gène PKD. De tels animaux peuvent donc transmettre un gène
normal ou un gène PKD à leur progéniture. Un chaton qui n'a
pas la PKD hérite de 2 gènes normaux et ne pourra donc pas
transmettre la PKD à sa progéniture. Il n'existe donc pas de
« porteurs » qui n'ont pas la maladie, mais bien qui la
transmettent.
Pratiquement, il n'existe donc que
quelques possibilités :
• Un parent sans PKD + un parent hétérozygote:
les chatons ont 50% de chances d'hériter de la PKD.
• Mère hétérozygote + père hétérozygote: les chatons
ont 75% de chance d'hériter de la PKD.
• Deux parents sans PKD : tous les chatons sont indemnes de
PKD.
En observant de
tels pourcentages, il est important d'établir un calcul des
chances pour un grand nombre de chatons. En lançant une pièce
de monnaie, on a également 50% de chance de tomber sur pile
ou face, mais il est également possible de tomber 6 fois de
suite sur pile. Dans une portée de 4 chatons qui a 50% de
chance d'avoir la PKD, tous les animaux peuvent être atteints
ou, avec un peu de chance, un seul peut l'avoir.
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