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LA
PERITONITE INFECTIEUSE FELINE
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Plus
connue sous le nom de P.I.F.
est une maladie qui est l'objet depuis des
années, d'une certaine paranoïa, essentiellement alimentée
par une partielle ou totale méconnaissance de cette
pathologie.
Par ce petit exposé simple, je vous invite à départager
le vrai du faux.

PIF
- MISE A JOUR 2007
CLIQUEZ SUR CE LIEN
http://www.dr-addie.com/French/WhatIsFIPfr.htm

Il s’agit sans doute
de la maladie féline la plus méconnue et de celle qui est le
plus sujet aux psychoses. Cet article a pour objectif de rétablir
quelques vérités.
C'est une maladie virale qui
atteint surtout les jeunes chats (moins de 2 ans) vivant en
collectivité. Différents organes peuvent être atteints :
Thorax, abdomen, cerveau, yeux… La
PIF est une maladie très grave et mortelle.
Il convient pour commencer,
d'établir une différence très distincte entre un chat qui
est positif aux corona virus (ce qui est très fréquent, on
estime que 90 % de la population féline a été mise en
contact au moins une fois avec des corona virus), et un chat
qui développe une PIF. En
aucun cas il ne faut raisonner en terme de chat positif corona
virus = chat malade de PIF ou chat qui va développer une PIF.
Il est également
important de rayer de son vocabulaire les termes de "test
PIF" ou de "positif PIF". Un test est un
"test corona virus", un chat est "positif
corona virus".
Une étude menée en
Angleterre, au cours d'expositions félines, a révélé que
84 % des chats étaient positifs au corona virus. On estime
que la situation de la population féline française est la même.
SYMPTÔMES
La PIF peut présenter
deux formes principales :
*** La forme humide avec
formation d'épanchements liquidiens : les cavités naturelles
de l'organisme du chat se remplissent d'un liquide produit par
ses propres cellules du système de défense immunitaire. Ce
liquide qui peut remplir l'abdomen, le thorax, ou les deux
organes, est une gêne dans leur fonctionnement
- Gêne respiratoire si le
liquide est présent dans le thorax,
- Problèmes digestifs si le
liquide se situe dans l'abdomen.
*** La forme sèche qui peut
atteindre n'importe quel organe (souvent plusieurs en même
temps). Il y a alors défaillance des organes atteints. Pour
le foie on notera par exemple une jaunisse, des troubles
digestifs...
Les chats malades de PIF présentent
très fréquemment une uvéite. Les yeux changent de couleur,
prennent une teinte brun rouge.
La PIF se développe suite
à la mutation d’un banal corona virus entérique, présent
chez la majorité des chats. On ignore par quel processus un
corona virus mute. On soupçonne une prédisposition génétique
chez certains chats qui possèderaient un système immunitaire
se défendant moins bien contre une infection par un corona
virus. Cela ajouté à un stress important peut favoriser la
mutation d’un corona virus bénin en corona virus pathogène
et déclencher une PIF. Cependant, le pourcentage de chats
positifs corona virus développant une PIF est très peu élevé
(environ 5%).
Dans une revue de 1999, P.J.
Rottier conclut sur l’importance d’un système immunitaire
capable sinon d’empêcher complètement l’infection, du
moins de la contenir au maximum. Compte tenu des connaissances
actuelles, il semble préférable de ne pas sélectionner une
forte réponse anticorps et de privilégier une bonne immunité
cellulaire (leucocytes et macrophages). Le problème est
qu’aucun test ne permet de contrôler ce paramètre pour
l’instant, et qu’on ne peut donc que choisir d’écarter
de la reproduction les étalons et les femelles dont plusieurs
ascendants et descendants sont décédés de la PIF.
Cette approche, basée sur
la sélection des lignées a ses avantages : elle permet
de limiter considérablement la probabilité de PIF si un
chaton est placé dans un environnement corona virus-positif.
Une étude décrite par K.
Hok rapporte le très haut taux de mortalité de chatons
corona virus-négatifs lorsqu’ils sont placés dans un
environnement corona virus-positif : 90 à 100% des
chatons décédés dans les 2 mois suivant l’introduction
des chatons dans l’environnement contaminé, à comparer
avec le taux de seulement de 2 % à 12 % de mortalité chez
les porteurs de corona virus.
Mais l'on constate aussi
beaucoup de cas de chatons négatifs qui placés en
environnement positif n'ont pas développé de PIF. Cela
démontre qu'en l'état actuel de la recherche, les causes de
déclenchement d'une PIF sont encore assez méconnus.
Pour l'instant, on a isolé
des facteurs favorisant le déclenchement d'une PIF :
* La
surpopulation qui favorise la multiplication des souches
virales et leur mutation
* Le facteur génétique
(certains chats sont plus exposés que d'autres à développer
une PIF)
* Le stress
biologique (maladies, chaleurs, gestation)
* FIV et
FELV (les chats positifs ont plus de risques que les autres de
développer une PIF
TRANSMISSION :
Contrairement à une idée
reçue, une PIF déclarée n’est pas contagieuse. Un chat
malade de PIF n’excrète plus de corona virus. On ne peut
donc pas parler de transmission de PIF, mais seulement de
transmission de corona virus.
Les selles sont la première
source de transmission des corona virus. Les chats se
contaminent en partageant la même litière, en respirant des
poussières de selles lorsqu’ils grattent. Un
chat venant d’être infecté par un corona virus, va excréter
pendant quelques jours, le virus dans sa salive.
Un chat faiblement
positif aux corona virus n’est pas excréteur. Une
transmission "in utero" (de la mère au chaton)
n’a jamais pu être mise en évidence. Il
n’y a pas de transmission possible de corona virus par
l’urine.
La contamination indirecte
est difficile mais possible, si l'on transporte sur soi, sur
ses semelles, des poussières de selles. De plus, un chat en début
de contamination, excrète dans un laps de temps limité, les
corona virus par la salive. En exposition féline, un tel chat
qui éternuerait, pourrait donc transmettre des corona virus
à ses voisins de cage. On comprend donc la difficulté en élevage,
de maintenir un statut négatif dans sa chatterie...
Les chats les plus
souvent atteints sont jeunes ou âgés et vivent en groupe.
DETECTION DES CORONAVIRUS
Il n'existe aucun vaccin
disponible en France. Le vaccin existant à l’étranger
n’est pas sans danger. Il
existe plusieurs tests de dépistage pour détecter la présence
de corona virus, voici les plus connus :
Le test ELISA :
Il s’agit d’un test basé sur la détection d’anticorps
anti-corona virus. La détection se fait sur un échantillon
sanguin. La réponse est du type oui / non. L’inconvénient
d’un tel test est qu’il présente de très nombreux faux négatifs,
mais également de nombreux faux positifs. Il n’est donc pas
considéré comme fiable.
Le titrage anticorps
:
Sous ce terme générique,
on englobe toutes les techniques consistant à déterminer le
taux d’anticorps anti-corona virus présent dans l’échantillon
sanguin. A la différence du test ELISA, une multitude de
dilutions de l’échantillon sanguin sont testés, ce qui
permet d’avoir une bonne idée du taux d’anticorps. Il est
important de noter que le titrage obtenu est variable en
fonction du laboratoire qui le pratique, ce test n’est donc
pas très fiable non plus.
Le test RT - PCR
:
Ce test est considéré
comme le plus fiable pour détecter la charge virale. Les
tests PCR détectent directement les corona virus, ou plus
exactement leur matériel génétique, l’ARN. La technique
dite de RT-PCR quantitative permet de quantifier avec une
excellente précision le nombre de particules virales dans
l’échantillon.
Il est capital de comprendre
que ce test ne doit pas être pratiqué sur échantillon
sanguin : les corona virus ne passant pas systématiquement
la barrière intestinale, un tel test présente trop de
risques de faux négatifs. Par ailleurs, contrairement à une
idée très répandue, ce n’est pas parce que le virus est
retrouvé dans le sang que le chat développera
automatiquement une PIF, et inversement… il n’y a pas de
corrélation entre la présence des corona virus dans le sang
et le développement d’une PIF.
Le test idéal est pratiqué
sur écouvillon rectal, mais il peut aussi se pratiquer sur un
échantillon de selles. Il constitue une « photographie »
du statut du chat (excréteur ou non excréteur) à
l’instant où est prélevé l’échantillon. Pour établir
avec certitude la négativité d’un chat, il convient
d’obtenir 5 résultats négatifs à un mois d’intervalle
chacun.
Le laboratoire SCANELIS de
Toulouse propose un test ayant un seuil de détection très
faible (100 copies). Le résultat est présenté en 6 classes :
*
Négatif : aucun virus n’a été détecté
* Très
faible : virus détecté, mais l’animal n’excrète
pas
*
Faible : virus détecté, mais l’animal n’excrète
pas
*
Moyen : Virus détecté, chat excréteur
*
Fort : le chat est excréteur de corona virus
*
Très fort : le chat est excréteur de corona virus
Il faut savoir cependant,
qu’aucun test ne permet de dire qu’un chat développera ou
pas une PIF. Un chat peut avoir un taux élevé de
corona virus et être en excellente santé, vivre 15 ans. Un
chat peut également négativer en éliminant le virus en
quelques mois. Il est important de ne pas céder à la
psychose : Un test positif n’est pas synonyme de PIF !
DIAGNOSTIQUER UNE PIF
Pour établir un diagnostic
de PIF en présence de signes cliniques, on peut procéder à
un test par électrophorèse des protéines. Ce test permet de
doser la proportion des différentes globulines (anticorps,
pour simplifier) dans le sang. Le rapport A/G
(albumine/globuline γ) est l’un des paramètres à
mesurer dans le cas d’une suspicion de PIF. Ce test doit être
pratiqué lorsque le vétérinaire a mis en évidence
plusieurs symptômes de la PIF (abdomen gonflé, abattement,
changement de la couleur des yeux…). Toutefois,
ces symptômes peuvent être également ceux d’autres
maladies, et ne suffisent pas à conclure à une PIF.
En effet, certaines maladies
présentent des signes cliniques très semblables de ceux
d'une PIF. Il s'agit des pathologies suivantes :
* Cholangio hépatique
(très bon pronostic, mais des chats furent euthanasiés pour
symptômes de PIF)
* Lymphome
* Péritonite
sceptique
* Pyothorax
* Chyolothorax
Pour affiner le diagnostic,
le vétérinaire devra faire procéder en cas de PIF humide,
à un prélèvement pour une analyse en laboratoire, du
liquide d’épanchement abdominal. Si
l'état du chat lui permet de supporter une anesthésie, le vétérinaire
pourra procéder à une biopsie pour une analyse histologique.
Mais le seul moyen 100 %
fiable de conclure à une PIF, est d’effectuer une autopsie
sur le chat décédé. Si l'on peut comprendre que les
particuliers rechignent à s'imposer cette épreuve après le
décès de leur chat, tout éleveur a le devoir d'y recourir.
On peut déplorer toutefois
que certains vétérinaires aient tendance à diagnostiquer un
peu au hasard une PIF, quand ils sont en présence de symptômes
qu’ils ne parviennent pas à soigner. Attention, un vétérinaire
qui sur la foi d'un seul test positif en sérologie conclurait
à une PIF, se rendrait responsable d'une faute
professionnelle.
TRAITEMENT
En cas de PIF avérée,
quand un diagnostic poussé, et des examens adéquats, ont
permis d'établir une forte suspicion de PIF, l'utilisation à
forte dose de corticoïdes est pratiquée. On peut également
recourir à des injections d'interféron. Mais
le traitement n'est seulement que palliatif. La PIF est en
effet mortelle chez 100% des chats malades. Il existe
cependant quelques espoirs de traitements futurs grâce à de
nouveaux médicaments.
LA PREVENTION
Nous
avons vu précédemment qu'il est difficile d'obtenir en élevage,
un effectif négatif corona virus. Toutefois, il est possible
de limiter considérablement les risques de déclenchement
d'une PIF. Nous
ne parlerons pas du vaccin, sujet à controverse et qui à
fait l'objet d'études aux résultats contradictoires. On peut
espérer un jour que le génie génétique mettra en place un
vaccin réellement efficace. Actuellement,
des précautions simples peuvent éviter à une chatterie de
faire face un jour à un cas de PIF dans son effectif.
Limiter l'effectif de
ses chats. Plus une chatterie possède de chats vivants
ensemble, plus on augmente les risques de mutation des souches
de corona virus. Eviter
les lignées sur lesquelles on a eu connaissance de plusieurs
cas de PIF. En
effet, le facteur génétique semble jouer un rôle déterminant
dans les risques de développement d'une PIF. Une
litière au minimum pour deux chats. Multiplier
les litières permet en effet de limiter la transmission des
coronavirus d'un chat à l'autre. Il va de soit que ces litières
doivent être correctement entretenues.

Minimiser
le stress du chat
Il a été démontré que la
plupart des chats qui ont contracté une PIF avaient été
exposés à un certain stress. Les chats ayant une PIF humide
(avec épanchements) ont souvent souffert de stress 2 à 4
semaines avant que la maladie ne se déclare, tandis que ceux
ayant une PIF sèche (sans épanchement) souffrent de stress
qui remonte jusqu’à une année plus tôt. Il est donc
recommandé d’éviter de stresser les chats dont le taux
d’anticorps est positif, si cela est possible. Éviter, par
exemple, de les changer de foyer ; repousser le moment de les
stériliser et éviter toute opération non vitale ; si vous
devez absolument vous absenter, demandez à quelqu’un de
venir s’en occuper à domicile plutôt que de les mettre
dans une chatterie.
Exemples de situations
stressantes pour les chats :
Un
changement de foyer/propriétaire
Des
nouveaux-venus au sein du foyer : bébé, chien, autre chat,
chaton
Trop
de chats sous un même toit
être
mis en garderie dans une chatterie
Une opération
(stérilisation, un détartrage des dents)
Un
traumatisme (par exemple, un accident de la route)
Une
maladie intercurrente (qui survient en plus de la maladie déjà
existante)
La
gestation, la mise bas, l’allaitement
Merci
au Docteur Diane Addie, pour toutes les explications supplémentaires et très détaillées que vous
trouverez en cliquant sur
son site web ci-dessous...


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